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Denutrition des personnes agees

Prophagia propose une technologie efficace

Dufresne

« La dénutrition des personnes âgées est un sujet dont on parle de plus en plus dans le monde. C’est en effet une réalité dont la découverte est récente. Les statistiques sont préoccupantes, puisque l’on parle de 40 à 50%, voire parfois de 60%, de ces personnes qui ont des difficultés importantes à manger. Pour autant, nous ne sommes pas nombreux à travailler au développement de solutions », constate Thérèse Dufresne, créatrice, en 2000, de l’entreprise canadienne Prophagia, installée au Québec. Nutritionniste de formation, elle a participé, le 18 mars dernier, dans le cadre du 4e congrès de Vitagora, à une table ronde consacrée à l’alimentation des seniors.

En 1993, alors responsable des services d’alimentation et de nutrition de l’Hôpital Sainte-Anne, qui dépend du Ministère des Anciens Combattants du Canada, elle a lancé un programme de développement visant à faire disparaître le risque de dénutrition, d’étouffement et de mort prématurée chez les seniors du essentiellement à la sous-alimentation. « Sur plus de 900 personnes qu’hébergeaient ces services, près de 40% en effet souffraient de difficultés sévères à manger », précise-t-elle. Or après cinq ans d’études, Thérèse Dufresne et son équipe sont parvenues à des résultats tout à fait positifs puisqu’il n’y a plus à ce jour de personnes âgées dénutries à l’Hôpital Sainte-Anne. D’où la demande du Ministère des Anciens Combattants de transférer cette technologie afin que toutes les personnes âgées vivant au Canada puissent en bénéficier. C’est ainsi qu’a été créée Prophagia, une spin-off fruit de cet essaimage.

« Chez ces personnes âgées, c’est l’ensemble de l’appareil buccal et pharyngé qui ne fonctionne plus normalement. Aussi était-il impératif de trouver une solution pour qu’elles ne souffrent plus de dénutrition et ne risquent plus de s’étouffer », résume Thérèse Dufresne. Aussi Prophagia a-t-elle développé une technologie qui permet de modifier les aliments et de les adapter afin d’éviter tous ces risques, qui plus en offrant une gamme de produits appétissants (crudités, viandes, fruits, desserts…). « Nous travaillons en particulier sur la texture des aliments, qu’il s’agit d’adapter et de contrôler de manière très précise afin de jouer son rôle compensatoire chez une personne dont l’appareil oropharyngien est handicapé », indique-t-elle. Pour y parvenir, l’équipe de Prophagia, qui compte six femmes, dont cinq scientifiques spécialisées en nutrition humaine et en technologie alimentaire, trois d’entre elles étant nutritionniste, mesure la fermeté, l’élasticité, l’adhésion et la cohésion d’un aliment, autant de données à partir desquelles est calculé un indice de texture pour une déglutition sécuritaire, le Safe Swallowing Texture Index, une formule mathématique découverte par Prophagia.

Aujourd’hui, ces aliments texturés spécifiquement, en tout plus d’une soixantaine, tous différents afin de pouvoir composer des menus variés et équilibrés, sont consommés chaque jour par des milliers de personnes âgées qui ont retrouvé le plaisir de manger en toute sécurité. Depuis octobre 2007, ces aliments peuvent être consommés à domicile. Plusieurs pays sont d’ores et déjà intéressés par leur utilisation. « Prophagia ne fabrique pas ces produits. Nous transférons notre technologie, qui a fait l’objet de deux dépôts de brevets, à travers la cession de licences », explique la nutritionniste québécoise. Sa participation au congrès de Vitagora est donc l’occasion pour Thérèse Dufresne de présenter aux entreprises françaises cette remarquable solution. « Le plus grand défi est de parvenir dans chaque pays à changer les mentalités de la population à l’égard des personnes âgées », affirme-t-elle. « Ce n’est pas de l’acharnement thérapeutique. Il s’agit juste d’accorder à ces personnes âgées le droit à manger avec plaisir en toute sécurité ».

Contact
Thérèse Dufresne
Email : [email protected]
www.prophagia.com