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Preferences Alimentaires

Vers une meilleure connaissance des préférences alimentaires chez l’enfant

Le 18 mars dernier, lors de la première journée du Congrès International Goût-Nutrition-Santé, Vincent Boggio a animé un atelier pratique consacré aux « préférences alimentaires chez l’enfant », une thématique à laquelle il s’intéresse depuis très longtemps. Maître de conférences en physiologie à l’Université de Bourgogne et praticien hospitalier en explorations fonctionnelles au CHU de Dijon, cet enseignant chercheur a été en effet l’initiateur, dès 1982, de l’étude Gaffarel, du nom d’une crèche de Dijon. « Jusqu’alors, mes travaux avaient porté essentiellement sur l’aspect nutritionnel de l’alimentation. Mais progressivement, je me suis intéressé davantage au comportement alimentaire de l’enfant ». C’est donc dans ce contexte que Vincent Boggio lance l’étude Gaffarel dont l’objectif est d’étudier les choix alimentaires des enfants âgés de deux à trois ans. Ainsi, entre 1982 et 1999, les enfants de cette crèche se sont vus proposer de composer librement leur repas, chaque jour, à partir d’une carte de huit aliments. « Nous avons pu montrer quelles étaient les préférences alimentaires chez 418 enfants de 2 à 3 ans », résume-t-il

Quasiment vingt ans plus tard, 341 « anciens » de la crèche Gaffarel, âgés de 4 à 22 ans, ont été questionnés à Dijon, au sein du laboratoire FLAVIC de l’INRA, et au Centre Européen des Sciences du Goût (CESG), sur leurs préférences actuelles pour les aliments qui leur avaient été proposés à la crèche, sur la variété de leur alimentation et sur leur degré de néophobie alimentaire. « Ces travaux ont fait apparaître que les choix alimentaires à deux ans sont une variable prédictive, solide, des préférences alimentaires ultérieures. Certes, on observe une atténuation avec l’âge. Pour autant, les traces des choix alimentaires effectués alors même qu’ils ne se souvenaient plus de ce qu’ils avaient choisi restent bien présentes », conclut-il. Depuis, Vincent Boggio a participé aux deux grands projets, labellisés par Vitagora, que sont EduSens et Opaline. Seul médecin des deux équipes travaillant sur ces projets, il a été chargé notamment de favoriser le recrutement des enfants et des mères.

« L’intuition de Pascal Schlich, qui dirige le Laboratoire d’interface recherche-industrie-sensométrie (Liris) au CESG, a été de voir qu’il existait à Dijon les compétences et l’expérience nécessaires pour initier un Observatoire des préférences alimentaires », tient-t-il à rappeler. OPALINE (Observatoire des Préférences Alimentaires du Nourrisson et de l’Enfant), en est le premier volet. Mais le pédiatre dijonnais espère voir un jour l’émergence d’autres volets, consacrés à des enfants plus âgés, à des adolescents, voire aux seniors, afin de pouvoir « suivre » alors les préférences alimentaires tout au long de la vie. « Jusqu’à présent, nous avons négligé les aspects comportementaux, et en particulier les préférences, en matière d’alimentation. Il est donc urgent de s’en préoccuper », insiste-t-il. Vincent Boggio en est d’autant plus convaincu qu’il est par ailleurs responsable d’une consultation pour les enfants qui présentent un excès de poids, une tâche qui l’a amenée à développer une méthode unique, la méthode Papillotte, présentée l’année passée dans un ouvrage publié chez Odile Jacob.

A lire :
Vincent Boggio – La méthode Papillotte – Editions Odile Jacob, 2008

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Vincent Boggio
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